« Il n'y a point d'autre peur, à bien regarder, que la peur de la peur. [...] Avoir peur, ce n'est rien de plus que se demander : qu'ai-je donc ? Toujours avec ce mouvement vers l'objet autour, et souvent des suppositions ou visions d'un moment et sans action possible. Contre quoi le raisonnement ne peut rien ; car l'attention aggrave encore le tumulte musculaire ; on retient sa respiration pour mieux écouter ; on se rassure par des raisons, et l'on ne revient au repos que pour mieux goûter, si l'on peut dire, l'inquiétude sans objet, qui naît et renaît d'elle-même. [...] L'action délivre de cette maladie ; mais l'incertitude et l'hésitation l'aggravent. Il est déjà pénible d'attendre, si l'on ne peut s'occuper ; la peur est proprement l'attente d'on ne sait quelle action que l'on va avoir à faire. [...] l'attente de la peur, c'est la peur elle-même. [...] C'est ici qu'on voit à plein en quel sens on se connaît soi-même ; autant qu'on se croit faible et impuissant, certainement on l'est ; non pour agir, car souvent nos actions passent notre espérance, mais pour souffrir. Ainsi l'observation de soi-même est proprement une folie qui commence. »
ALAIN.
Encore ces peurs. L'échec. L'insécurité. Le mal de bide qui empêche de manger. Mais. Quand même. Cette volonté. Arriver à les surmonter.